Bio poésique de La nuit tous les chats
L’un est pianiste, l’autre swingue
Joue avec l’émail des mots
Sur scène, les chats font sardine
Du poisson volant à gogo
2 gugusses en escale
l’un debout comme un vent
l’autre assis au rocher du piano
et comment qu’elles cavalent
les pognes du zigoto
On n’est jamais moins bien qu’à 2
Pour faire un tel bazar
Du cri dans le bastringue
Non ! Pas la pige au bel-canto
Mais devant… à toute berzingue
Ça s’agite de tous ses os
z’ont pas glissé d’un nuage
pour patauger dans la flaque
d’une prochaine pluie
Enfants terribles de passage
la jeunesse les avait réunis
bercés à la suave insouciance
d’un jemenbranlisme à tout crin
la carrière débuta tôt
les pièces à convictions
roulaient sous le piano
rhum blanc, téquila, pastis
du sky over the rainbow
le shaker de la nuit
la fumée en halo
l’amitié ça se brûle
comme du charbon de loco
Comme le temps n’est jamais con
Pour qui sait voir assez loin
L’éclosion de chansons se fit naturelle…
Pour d’autres le temps c’est du blé
Marchands de soupe populacière
Qui leurs firent miroiter
Des alouettes indigestes
Au goût de couleuvres frelatées…
Seule l’incorruptible ivresse
Pouvait les délivrer
De la soupière de onze heures
Ce qu’elle fit d’un air louche…
La vie des fois, c’est pas si simple
Qu’on soit de plume ou de plomb
Instant qui cogne, des laps qui cinglent
Stigmates de la désillusion
Se reconstruire, trouver refuge
Laisser reposer sans la donner… la pâte
Faire du silence dans les grabuges
En deçà de l’échec et mat
Parce que le temps c’est de la rouille
Y’a qu’un seul rêve : ressusciter
Les v’là partis dans la débrouille
Chacun de leur côté… à chats perchés
L’objectif demeurait le même
Restait plus qu’à séparer
Le Pythagore du théorème
Pour refaire surface au carré
Le rectangle d’une scène
Un piano, un micro
L’ovale des chansons à thèmes
Gainsbourg, Nougaro
Mettre du Boris dans son Vian
D’la vapeur Léo sur sa voix ferrée
Et comme de bien entendu
L’éclosion de chansons se fit naturelle…
L’un est chanteur, l’autre pianiste
Joue avec l’éclat des touches
Voyez, les chats sont en piste
Les cotillons font mouche
2 frangins en vadrouille
l’un assis en rappel idéal
l’autre debout en tourbillon
Et comment qu’elle dévalent
les brouettes de frissons…
On n’est jamais moins bien qu’ à deux
Pour faire un tel vacarme
Siamois de rire, frère de larmes
Pour le meilleur et pour les spires
D’une discogravie… ça oui !
Du cri dans le bastringue
Non ! Pas la pige au bel-canto
Le temps d’enfiler les fringues
Sous le crochet du porte-mant… go !
Aldo Campo - texte réservé - 2004