Ben non, non et non !
La mode est au micro-trottoir
Pas fastoche d’arpenter les rues
Ils vous attendent en entonnoir
Pour soupeser tout vot’ vécu
Faut tout leurs dire, veulent tout savoir
Pour bien t’ranger dans un tiroir
Mieux te connaître, tout prévoir
Ton avenir… ? C’est leur hasard !
Ben non ! Non, non !
Désolé non, non, non…
J’achète pas les quich’ de chez Trucmuche
Pas plus les sauces de tralala
J’range pas mon pain dans une huche
J’lis pas la presse multimédia
J’aime que les miches de ma douce
Baignées d’aurore en bord de couette
Son pyjama que je retrousse
Jusqu’à c’que l’amour nous dise :
« Arrête ! »
« Slip ou caleçon ? Philo ou sport ?
Stick ou lotion? Babors ? Tribord ?”
On est sondé jusqu’à plus soif
On fait « hum hum » on crie « wouaf wouaf »
Tout ça pour mieux cibler la pub
Qui f’ra gerber les boîtes à lettres
Tout ça pour une meilleure entube
Du « cash-promo » plein nos fenêtres
Ben non ! Non, non !
Désolé non, non, non…
J’suis pas l’plus riche de la ruche
Le miel me file entre les doigts
Je suis l’abeille qui fait l’autr’ruche
Et qui butine la plume d’oie
J’aime que les miches de ma douce
Baignées d’aurore en bord de couette
Son pyjama que je retrousse
Jusqu’à c’que l’amour nous dise :
« n’arrête pas ! »
Chez le doc
J’ai des vertiges, j’ vais chez le doc
qui me reçoit sur son paddock
Où je vide ma tronche comme un flacon
millésimé Dom Perignon
Y’a trop de vagues sur mes ratures
écorché vif sous mon armure
Dans mon délire tout va trop vite
pour dresser un tableau synoptique
Dans mon angoisse G.T.I.
j’écrase la pédale des envies
Tous mes remords font du grabuge
j’ défie les forces centrifuges
J’remplis tout doux sa phonothèque
Avant de lui sigler un chèque
De 20 sacs et quelque thune
Puis on se quitte sans rancune...
Aucune
Il s’ dit : « çui-là il est cintré
comme une ogive du XIIème
Il est caraschboumbe à lier
et aussi gai qu’un chrysanthème »
Paraît qu’ j’accuserais d’une névrose
qui proviendrait de ma cirrhose
Et qu’ bientôt, ça va pas tarder
j’ vais casser ma pipe narghilé
Merci toubib pour le verdict
toi le champion du diagnostic
Le recordman de la vie sauve
bien installé dans ton alcôve
Moi, je te suis malgré la neige
Dans c’ p’tit village de l’Ariège
Où renfermé comme dans un piège
Tu dors en tête du cortège...
Tous vos restos m’écœurent
La connerie au menu, le pouvoir à la carte
Vérité saugrenue des pauvr’ gens qu’on écarte
Du festin V.I.P, sacro-saint bénéfice
Gaspillage et non dû sont de mise à l’office
J’envie tout l’enthousiasme, la sotte nonchalance
Des baladins repus qui délivrent pitance
A tous ces chiens battus qui n’aboient plus de peur
Qu’on vide leur gamelle, tous vos resto m’écœurent
Bah ! Comme ils sont vilains ces artistes notoires
Bénévoles et crétins comme larrons en foire
Et comme ils sont serviles à vouloir divertir
La France au ventre plein d’organes en repentir
C’est leur jour de bonté, de B.A, on défile
En petits pulls marins sur des airs imbéciles
La crème du show-biz qui soigne son image
De gros contribuables que rien ne départage
Halte aux bons sentiments s’ils ne portent en eux-même
Que du rire lénifiant pour soulager Germaine
D’une poignée d’euros pour les plus démunis
Que votre fatuité ne sustente qu’à demi
Conjuguez vos talents, affûtez donc vos plumes
Et faites de vos chants des combats, des tribunes
Dénoncez les salauds, fuyez la mascarade
Erigez mot à mot l’arnaque en barricade
Si l’père Coluche vous voyait bêler vos bonnes oeuvres
Sûr qu’il vous vomirait du dessert au hors-d’œuvre
Il s’est toujours battu pour ceux qu’il défendait
Et ne montrait son cul qu’à ceux qu’il conchiait
Fenimore Cooper
Devant ce mur d’intolérance bien enduit de préjugé
Lézardé par la violence, souillé de sang désespéré
Je m’incline à ciel ouvert pour qu’il m’aspire vers l’univers de
Fenimore Cooper.
Devant le mirage politique, chronique d’un capharnaüm
Incompétent, machiavélique qui berce le cerveau des hommes
Je danse aux nues vers la lumière qui me rappelle vers l’univers de
Fenimore Cooper.
Devant les prophètes salutaires et la cohorte tumultueuse
De tous ces fidèles cerbères voués aux saintes mitrailleuses
Je m’invente une nouvelle prière en provenance de l’univers de
Fenimore Cooper.
Devant les pestes chimiques, les enfants tuméfiés de guerre
Mon dégoût est sans réplique parce que j’ai honte d’être frère
J’ouvre un petit flacon d’éther qui me propulse dans l’univers de
Fenimore Cooper.
Devant l’abnégation des boss à se conduire comme des pères
Menant à la commune fosse l’humanité toute entière
Je ne réclame qu’un transfert un aller simple pour l’univers de
Fenimore Cooper
Adieu infiniment
A l’économie bis du cannabis
J’ai gaulé 20 g
Au supermarché, cher, du Glendfidish
Pour tout arranger
J’aurai pu trouver de bien pires bombes
Mais j’ai estimé
Que j’étais OK pour creuser ma tombe
Mais sans me bousculer
Tu peux partir... t’exhaler,
J’ai d’quoi tenir la dragée haute
A tous tes caprices, je suis prêt !
Ça fera bientôt 2 piges que t’es partie
Faut s’ faire une raison
J’aurai pu fumer toute la galaxie
Mais crois-moi, pas si con
J’ai refait ma vie avec une hirondelle
Qui fait mon printemps
Plus souvent qu’à son tour sans froisser ses ailes
L’amour m’va comme un gant
Tu peux r’ partir d’où tu viens
Oublie d’écrire, oublie le chemin
Oublie ton cœur, oublie tes pleurs ailleurs
Adieu infiniment.
Feu l’amour
Du feu, j’ai sauvé cette page
Bah ! Que n’aurais-je mieux fait
d’y blanchir mon cœur volage
au lieu de mon encre y poser
N’ayant rien d’un enfant sage
pas plus de mensonges avoués
que de vérités de passage
juste une plume désenchantée...
Feu l’amour !
Du feu, j’ai sauvé cette page
aucune flamme ne voulait
te priver de son message
ainsi t’est-il restitué.
Avec le diable je partage
ce bon goût immodéré
pour la flamme amourophage
sur la braise des regrets...
Feu l’amour !
Serment du jeu de psaumes
Tous, autant que nous sommes
Un jour ou l’autre, la vie nous sommes
D’aller illico faire un somme
Du côté du crevatorium
Y’a ceux qui s’époumonent
Ceux qui s’embourbonnent
Moi, je m’abîme sur des psaumes
Ecrits au Perdurokrhomme
« Eh ! Niezstch, pauvre pomme
Faut revoir tes axiomes ! »
Parce que tous
Autant que nous sommes
Surhommes ou sous-hommes
Quand la vie sans somm-
Ations nous dégomme
Alors comme un seul homme
En mal de cosmodrome
On va donner de l’arôme
Au crevatorium
|
Moi « Jeu »
Du temps où mes mains s’endormaient
au liseré soyeux de son ventre
« JEU » me souvient...
Du baiser du réveil étoilé
de mouvantes caresses
« JEU » me souvient...
De la douceur aigue-marine
de sa chair de murène
« JEU » me souvient...
Des nuées d’étincelles
qui susurraient « Entre ! »
« JEU » me souvient...
De tout le reste...
La douleur et la peste !
Carence de phosphore !
Elle ! Vaporeuse nacelle
survolant mon cœur frêle
« JEU » m’en déleste encore le soir
D’une dextre sans finesse.
Les souvenirs empruntent à la nostalgie
ce que le pléonasme rend à l’évidence
L’oubli se hasarde... Par chance
L’amnésie de l’âme n’hési-
Te plus à se remémorer
le plaisir révolu.
Alors « Jeu » recommence...
Tout va bien ce matin
Tout va bien ce matin
On tue toujours autant d’ monde
Vu de ma salle de bains
Tout ça ne m’apparaît pas immonde
Tout va bien ce matin
Et je peux me sourire dans la glace
Un innocent, c’est rien...
Le sang à la Bush du Texas
Moi, j’ai de la mousse plein les yeux
Je suis aveugle, j’ n’trouve rien de mieux
Qu’à siffloter un air joyeux...
Tout va bien ce matin
On tue toujours partout autant
Moi, je m’en lave les mains
Et j’ fais mine d’avoir l’air battant... !
Gagnant... ! Yeah !
Moi, j’ai de la mousse plein les yeux
Je suis aveugle, j’ n’trouve rien de mieux
Qu’à siffloter un air joyeux...
Tout va bien ce matin
On tue toujours autant d’ monde
Vu de ma salle de bains
Tout ça ne m’apparaît pas immonde...
Les jours de pluie
Cette fille portait toujours sur elle, un parapluie
Pour se protéger d’ la grêle et de la pluie de la vie
Sans amour, cette fille n’avait plus qu’elle, son parapluie
Pour se protéger du ciel et de la suie de la vie
De cett’ vie qui n’est ni moche, ni belle
Les jours de pluie comme elle est toute seule, elle pleure
De ce qu’ peuvent dire les autres, sur elle
Les jours de pluie comme elle s’en moque, elle est seule...
elle sourit
Cette fille portait toujours sur elle, un parapluie
Pour se protéger d’elle-même, de ses envies, ses envies
Sans amour cette fille n’avait plus qu’elle, son parapluie
Trois raisons pour rester seule, dans la vie, dans la vie...
De cett’ vie qui n’est ni moche, ni belle
Les jours de pluie comme elle est toute seule, elle pleure
Dans ses yeux nichent encor’ des hirondelles
Les jours de pluie cachée derrière son ombrelle...
elle sourit
Femme si câline, brin de fille oubliée,
la vie qui t’abîme te rend belle, tu sais...
J’aime quand tu félines, j’aime quand tu feins d’être...
Peut-être ?
Cette fille portait toujours sur elle, un parapluie
Comme un voile providentiel de la vie, de la vie
Sans amour cette fille n’avait plus qu’elle, son parapluie
Pour exorciser le ciel, maudit, maudit...
Maudit soit le ciel, maudits soient-ils
Les jours de pluie comme elle est toute seule, elle pleure
Maudit chagrin, maudite bile
Les jours de pluie n’ sont pas friands de bonheur
Qu’elle se dit... elle sourit
Femme si câline, brin de fille oubliée,
la vie qui t’abîme te rend belle, tu sais...
J’aime quand tu félines, j’aime quand tu feins d’être...
Peut-être ?
Cette fille portait toujours sur elle un parapluie…
Long Island
C’est une histoire à Long Island, c’est Carraway
C’est l’amour mis au no man’s land, dit Carraway
« The great Gatsby » désabusé
Vous est ainsi racontée
Au paradis de Long Island, j’y suis allé
Y’avait Daisy, Tom Buchanan et Carraway
Sous le regard du Docteur Eckleburg
Le no man’s land de l’amour
Et pour tromper ma solitude
J’ai pris du ciel, de l’altitude
Et sur mon vol continental
Y’avait j’ te jure Scott Fitzgerald
On a chacun un Long Island pour oublier
Chacun son parfum de légende, chacun se fait
Un sang d’encre bleu à main levée
Graffiti d’un cœur éploré
Le mien demeure à Long Island à tout jamais
Et le chagrin qui l’achalande chaque été
C’est « The great Gatsby » énamouré
De sa Daisy désirée
Et pour tromper ma solitude
J’ai pris du ciel, de l’altitude
Et sur mon vol continental
Y’avait j’ te jure Scott Fitzgerald
Francis Scott Fitzgerald
Et je tourne en rond
3 plombes qu’ je tourne dans ton quartier
J’aurais dû venir à pieds
Dire qu’ c’est notre premier dîner dehors
Mes fleurs tirent la gueule sur la place du mort
Et j’ tourne, et j’ tourne, et j’ tourne en rond Rue Dozon
Pas de téléphon-téléphon, marron ! Pas un rond !
Et j’ tourne, et j’ tourne, et j’ tourne en rond Rue Dozon
Envie d’envoyer les warning, les warning, les warning...
Tut-Tut ! !
Pas moyen de rester sur place
Mes myosotis font la grimace
Si seul’ ment t’avais l’idée de sortir
D’ venir m’enlacer pour mieux nous enfuir
Mais j’ tourne, et j’ tourne, et j’ tourne en rond Rue Dozon
Pas de téléphon-téléphon, marron ! Pas un rond !
Mais j’ tourne, et j’ tourne, et j’ tourne en rond Rue Dozon
Envie d’envoyer les warning, les warning, les warning...
Tut-Tut ! !
Cett’ fois, c’est bâché ! Je me casse
Offre mon bouquet à la prums qui passe
Comme elle est charmante, j’ me la ramène
T’es devant chez moi ! Putain, je suis blême !
Et j’ tourne, et j’ tourne, et j’ tourne en rond comme un con
Pas d’autre solution, je tourne en rond, comme un con !
Et j’ tourne, et j’ tourne, et j’ tourne en rond comme un con
Envie d’envoyer les warning, les warning, les warning...
Chut !
Complainte du voyeur
Peut-être cette nuit Mélanie fera l’amour
Peut-être cette nuit ma Mélanie m’appellera au secours
Une fusée rouge de détresse, son corps qui bouge : SOS !
Quoi... ?
Peut-être cette nuit Mélanie s’abandonnera
Âme, corps et vie, ma Mélanie épousera
un autre corps que le mien et bien plus fort, c’est certain
en tous cas moi, j’ vois ça, j’ vois ça...
Ô je n’ suis, je n’ suis qu’un voyeur
et j’épie, j’épie pour mon malheur
La nuit qui recueille mes pleurs, c’est la rosée du cœur.
Ô je n’ suis, je n’ suis qu’un voyeur
et les infrarouges de mon viseur
se troublent soudain sous mes pleurs, c’est la risée du cœur.
Peut-être ce matin Mélanie me reviendra
Encore éblouie de câlins, elle me dira :
« Lève-toi donc il fait jour. Comment vas-tu mon amour ? »
Ben comme tu vois, ça va !
Peut-être cette nuit Mélanie se lèvera
Ouvrira ses volets sur la nuit, pour que j’y vois
Son corps partir en fumée entre les bras d’un fumier...
Quoi... ?
Ô je n’ suis, je n’ suis qu’un voyeur
et j’épie, j’épie pour mon malheur
La nuit qui recueille mes pleurs, c’est la rosée du cœur.
Ô je n’ suis, je n’ suis qu’un voyeur
et les infrarouges de mon viseur
se troublent soudain sous mes pleurs...
Rentre chez toi vilain hibou, c’est l’heure
c’est l’heure...
|